Le duo de Schiphol et l’artificier des attentats du 13 novembre

Voilà le genre d'embarcation empruntée par Krayem, Ayari, et Alkhald

Sofien Ayari et Osama Krayem, selon l’accusation, auraient dû faire partie d’un quatrième groupe de terroristes chargés de perpétrer un attentat à l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol le soir du 13 novembre. Ahmad Alkhald, quant à lui, est le spécialiste qui a confectionné les 10 gilets explosifs portés par les hommes du commando. Comme les trois hommes ont effectué ensemble le long voyage de la Syrie vers Bruxelles en septembre, nous avons décidé de les regrouper dans un même chapitre.

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Ibrahim et el Khalid el Bakraoui, deux truands « rachetés » par la bombe

les frères Ibrahim et Khalid el Bakraoui (source image : AFP/Interpol)
Ibrahim el Bakraoui
Khalid el Bakraoui

Toute l’existence des frères el Bakraoui – deux des trois kamikazes des attentats de Bruxelles du 22 mars 2016 – depuis l’âge de raison jusqu’à leur dernier souffle, a été consacré au crime sous toutes ses formes, la découverte très tardive et partiale de l’Allah de Daech en prison, à la fin de l’année 2014, n’ayant fait que décupler ce penchant antisocial. L’aîné, Ibrahim – 29 ans au moment des événements – est né le 9 octobre 1986, le cadet, Khalid est né deux ans plus tard, le 12 janvier 1989. Ils sont les cousins d’Oussama Atar, commanditaire présumé des attentats du 13 novembre, dont le frère Yacine est présent dans le box des accusés, parce que c’est son frère. Ibrahim est un ami d’enfance d’El Haddad Asufi, également présent dans le box. C’est Khalid qui a loué sous une fausse identité l’appartement de Forest où se planquait Salah Abdeslam depuis les attentats du 13 novembre en compagnie de deux complices, jusqu’à l’intervention surprise de la police belge le 15 mars 2016, qui a déterminé les frères el Bakraoui, Najim Laachraoui, et Mohamed Abrini – présent dans le box des accusés – à précipiter la mise en œuvre des attentats de Bruxelles du 22 mars.

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Les présumés fournisseurs des armes du 13 novembre

Une kalachnikov démontée

Qui a fourni les armes qui ont permis aux trio des terrasses et au trio du Bataclan de commettre le carnage que l’on sait ? Nous ne parlons pas ici des gilets explosifs, qui ont été confectionnés par Ahmad Alkhald, dans l’appartement conspiratif de Charleroi, à partir de matériaux que chacun peut se procurer librement dans le commerce, mais des six kalachnikovs et de leurs chargeurs. Comme pour le massacre de Charlie Hebdo 55 (( Nous avons longuement exposé ce point dans notre ouvrage Le massacre de Charlie Hebdo, l’enquête impossible, pp. 284-305 )), l’origine des armes qui ont servi à tuer est l’un des points les plus obscurs de la procédure des attentats du 13 novembre. Les magistrats belges puis français qui ont instruit l’affaire ont jeté leur dévolu sur deux suspects en particulier, Ali El Haddad Asufi, et Mohamed Bakkali, et le moins que l’on puisse dire – ce qui n’ôte rien à la complicité des deux hommes à un niveau moindre – c’est qu’après cinq années d’instruction, et neuf mois de procès, ce rôle cardinal des deux hommes, qui leur a valu une très lourde condamnation, est encore loin d’avoir été irréfutablement démontré.

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195ème Rond Point 2.0 : 13 novembre : L’enquête continue… avec François Belliot

Emission enregistrée en direct le mardi 12 décembre 2023, entre la publication de la partie 5 et de la partie 6 de ma série sur les terroristes et complices des attentats du 13 novembre 2015. 195ème du Rond Point 2.0, émission animée par « Betty », rescapée du Bataclan et Gilet jaune. Sujet : les attentats du 13 novembre 2015 : approche géopolitique, reconstitution des événements, parcours des zones d’ombre, ordres de non intervention, persécution de policiers d’en haut et d’en bas, impunité et promotion des incapables et/ou facilitateurs de la tuerie, commission d’enquête parlementaire, procès, bibliographie…

Les frères Atar : le pigeon et le commanditaire présumé

Il est dangereux à notre époque d’avoir un terroriste dans sa famille, surtout quand c’est votre frère et qu’il a été identifié comme le commanditaire d’un attentat qui a fait 130 morts, et c’est naturellement bien pire encore quand vous avez en plus deux cousins, dont vous étiez proche, qui se sont fait sauter quatre mois plus tard dans un attentat ayant fait 42 morts. C’est ce qui est arrivé à Yassine Atar, le frère d’Oussama, présumé mort en Syrie en 2017. En revanche, il est en un sens plus facile d’être un terroriste – ou un combattant djihadiste – de retour dans son pays natal suite à une campagne de presse humanitaire bien rodée : vous êtes placé sous contrôle judiciaire, votre passeport vous est retiré, mais vous pouvez faire une nouvelle demande, obtenir le sésame avec l’aval du pouvoir politique, qui a décidé de faire de vous un agent double, et vous envoler en Syrie planifier – si l’on se fie aux verdicts des procès – les attentats de Paris du 13 novembre, puis ceux de Bruxelles du 22 mars, sans que quiconque par la suite n’ait à rendre des comptes pour cette bourde monstrueuse.

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13 novembre : pas facile de se faire sauter…

Se faire sauter dans un lieu public avec un gilet explosif n’est pas si facile qu’il y paraît. Même avec la ferme conviction de gagner le paradis en TGV ou en Concorde, en première classe et avec tous les avantages qui vont avec, un doute terrible au moment fatidique peut venir vous étreindre et écarter du bouton poussoir le pouce suant et tétanisé : la foi qui chancelle, la trouille de la mort, la honte par rapport à sa famille, les remords pour les futures victimes innocentes, les tendres pensées pour sa promise, le désir de vivre alors qu’on a toute l’existence devant soi… Et à la différence des tueurs du Bataclan et des terrasses, Salah Abdeslam et Mohamed Abrini n’avaient pas vécu leur baptême du feu au Levant et été soudés par un pacte de sang. Pour paraître à la hauteur de leurs frères djihadistes qu’ils révéraient, et sous l’emprise desquels ils se trouvaient, par adhésion aussi il est vrai à la cause de l’État Islamique, ils ont voulu faire comme s’ils iraient jusqu’au bout, mais au dernier moment se sont finalement défilés.

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L’activité de Daech en France (base de données)

Introduction

Ceci est une base de données concernant les meurtres et exactions attribuables à des « combattants de l’EI (alias Daech) » en France entre le 25 mai 2013, date d’une tentative de meurtre au couteau à la Défense, et le 3 octobre 2019, date de l’assassinat de quatre fonctionnaires de police à la préfecture de police de Paris. En tout une trentaine affaires sont passées en revue.

Elles sont réparties, grosso modo, dans la période correspondant à l’expansion foudroyante de l’organisation EI en Irak et en Syrie à partir de juin 2014, jusqu’à son éradication officielle fin mars 2019.

Cette liste comprend à la fois les nombreuses affaires attribuées, à tort ou à raison, à des « loups solitaires » prétendument pilotés par Daech, et celles plus rares impliquant de nombreux participants, et une logistique incomparable, au premier chef la tuerie de Charlie Hebdo du 9 janvier 2015 et les attentats du 13 novembre 2015. Disons-le d’emblée, si ces deux énormes affaires paraissent s’inscrire dans un continuum, elles représentent des singularités sui generis.

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