Fabien et Jean-Michel Clain, les voix des attentats du 13 novembre

le camp de Baghouz, dernière poche de l'EI réduite en mars 2019

NB : les informations disponibles sur Jean-Michel Clain sont plus parcellaires que celles concernant son frère Fabien, d’où le flou plus important du portrait du premier.

Nés respectivement en 1978 et 1980, Fabien et Jean-Michel Clain ont passé leur enfance avec leur mère et leurs deux sœurs dans la ville d’Alençon (Orne). En 1991, ils s’envolent pour quatre années à destination de l’île de la Réunion, dont leur famille est originaire, et où réside leur père Jocelyn qui a quitté le foyer quand Fabien avait trois ans, et qu’ils n’ont donc pratiquement pas connu. De retour à Alençon, Fabien intègre le lycée professionnel Mezen jusqu’en 19971. A partir de cette époque, toute la famille va, membre après membre, se tourner vers l’Islam, et pas n’importe quel Islam, l’Islam salafiste. Leur sœur aînée Anne-Diana se marie en 1998 avec Mohamed Amri, une figure de cette mouvance résidant dans leur quartier. Les deux frères, convertis dans la foulée, se marient religieusement, Fabien à Mylène Foucre, Jean-Michel à Dorothée Maquerre, dont ils auront quatre et huit enfants. Lors du procès des attentats, l’enquêtrice de la DGSI auditionnée le 14 décembre 2021 avancera la thèse d’un effet de groupe et d’une contagion familiale : « Ce qui est intéressant à comprendre, c’est que cette famille vit en clan très fermé selon les règles très strictes de la charia ».

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Les frères Atar : le pigeon et le commanditaire présumé

Il est dangereux à notre époque d’avoir un terroriste dans sa famille, surtout quand c’est votre frère et qu’il a été identifié comme le commanditaire d’un attentat qui a fait 130 morts, et c’est naturellement bien pire encore quand vous avez en plus deux cousins, dont vous étiez proche, qui se sont fait sauter quatre mois plus tard dans un attentat ayant fait 42 morts. C’est ce qui est arrivé à Yassine Atar, le frère d’Oussama, présumé mort en Syrie en 2017. En revanche, il est en un sens plus facile d’être un terroriste – ou un combattant djihadiste – de retour dans son pays natal suite à une campagne de presse humanitaire bien rodée : vous êtes placé sous contrôle judiciaire, votre passeport vous est retiré, mais vous pouvez faire une nouvelle demande, obtenir le sésame avec l’aval du pouvoir politique, qui a décidé de faire de vous un agent double, et vous envoler en Syrie planifier – si l’on se fie aux verdicts des procès – les attentats de Paris du 13 novembre, puis ceux de Bruxelles du 22 mars, sans que quiconque par la suite n’ait à rendre des comptes pour cette bourde monstrueuse.

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